Les collèges de Morteau et Villers-le-Lac, mais aussi ceux du premier plateau (Valdahon et Pierrefontaine-les-Varans), soucieux du circuit court et de produits de qualité, se fournissent en yaourts à la ferme de la Vie de fer, à Saône, près de Besançon. Rencontre avec la productrice Caroline Bernard.

Dans l’espace de vente directe, les rayonnages débordent de yaourts brassés ou aromatisés. Ils côtoient la faisselle, les bouteilles de lait pasteurisé, la tomme, le fromage blanc, le beurre ou encore le skyr. Caroline Bernard a lancé ce yaourt au lait écrémé islandais il y a trois ans. Si au départ l’objectif était d’éviter de jeter le lait écrémé issu de sa production de beurre, le skyr a su séduire les clients. « Je me suis lancée au moment du confinement. Très vite, j’ai dû adopter un rythme de grosse production, les gens voulaient du beurre. Mais je jetais le lait écrémé. » Outre le trou de 20 000 euros dans le budget du G.A.E.C., le gaspillage de ce lait chiffonnait l’agricultrice. « J’ai pensé à arrêter la production du beurre mais mes clients m’ont dissuadé de le faire », sourit Caroline. Elle se lance alors dans le skyr, nature ou aux fruits. « Les gens jouent le jeu. Le beurre est quasiment réservé d’avance. Lorsque le skyr est écoulé, je relance la production de beurre. » Car pour 3 kg de beurre, 80 kg de skyr sont produits.

Caroline transforme 40 000 litres de lait à l’année dont la moitié pour les yaourts.

Force est de constater que la recette a pris. Caroline a reçu une médaille d’or au concours international des produits laitiers de Lyon pour son skyr myrtille. Cette médaille au métal précieux n’est pas la seule. En 2025, la faisselle de la ferme de la Vie de fer s’est vue attribuer, elle aussi, une médaille d’or. Les yaourts mangue et myrtille ont été distingués par une médaille d’argent « C’est une reconnaissance des pairs, une récompense aussi pour tout le G.A.E.C., souligne Caroline. Les garçons (Romain et Quentin, ses associés, N.D.L.R.) produisent du lait à comté. Le cahier des charges est contraignant, mais il apporte un goût supérieur aux produits. Le lait à comté est un gros plus dans ma production de produits laitiers. »

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À l’année, Caroline transforme dans son laboratoire 40 000 litres de lait. La moitié est consacrée à la production de yaourts, 14 yaourts brassés, 7 aromatisés sans morceaux. Toujours ouverte aux idées nouvelles, Caroline Bernard propose des goûts éphémères et souvent originaux selon les fruits de saison. Ses yaourts citron vert-cactus, ou encore châtaigne-mangue séduisent particulièrement. Pour Noël, elle a fabriqué un yaourt mandarine-spéculoos. L’année dernière, elle s’est essayée à une recette avec des fleurs de sureau. « Pour cet été, je travaille sur un parfum Mojito », dévoile la jeune femme. Dans ses yaourts, il n’y a « que du lait et des ferments et rien d'autre. Je ne mets pas de poudre de lait ni de conservateurs. »

Les yaourts de la ferme de la Vie de fer sont dégustés par de nombreux collégiens du Doubs : à Saône, Saint-Vit, Ornans, Valdahon, Morteau, Villers-le-Lac, Pierrefontaine-les-Varans, Besançon, etc. Caroline fournit également les restaurants d’entreprises et est présente sur la plateforme Locavore. « On peut montrer qu’en fermier, on peut faire des produits bons. Et ça marche. » Sans compter que les tarifs sont tout à fait abordables. Pour 3 euros les six yaourts nature, le bon goût du local est à portée de main. Et ça n’a pas de prix.