Initié depuis une vingtaine d’années, ce groupement local de coopération transfrontalière associant huit communes françaises et deux suisses a travaillé à l’élaboration d’un plan d’actions 2025- 2027 autour de trois thématiques : environnement, loisirs, culture, tourisme, et cadre de vie. Décryptage.

Il faudra sans doute encore du temps et pas mal de réalisations concrètes pour que les habitants du Val de Morteau et du pôle urbain La Chaux-de-Fonds-Le Locle s’approprient le concept d’Agglomération Urbaine du Doubs (A.U.D.). Seulement 207 habitants ont répondu à l’enquête publique organisée dans le cadre du Plan territorial intégré de Coopération qui a abouti à l’élaboration du plan d’actions 2025-2027. Une participation très faible sur un territoire qui compte 68 000 habitants et 37 000 emplois. « Les gens ont été sollicités en ligne. Il y a davantage de Français que de Suisses. On a un échantillon faible mais ceux qui ont répondu sont très investis », explique Anthony Saillard, secrétaire général de l’Agglomération Urbaine du Doubs.

Élus français et suisses travaillent de concert à la mise en place des actions de l’A.U.D.

La raison d’être de l’Agglomération Urbaine du Doubs n’est pas immédiatement perceptible. « L’A.U.D. n’a pas vocation à faire des investissements mais de les accompagner et de les soutenir. Elle permet d’identifier ce qui pourrait être concrétisé à court et moyen terme. Le budget global, on ne le connaît pas. Il faut faire les actions les unes après les autres », explique Jean-Daniel Jeanneret, conseiller communal de La Chaux-de-Fonds et actuel président de l’A.U.D. Il devrait être remplacé prochainement à ce poste par Cédric Bôle, le maire de Morteau.

Créé en 2006, l’A.U.D. a adopté le statut de Groupement Local de Coopération Transfrontalière en 2014. « Cela permettait d’avoir une personnalité juridique. L’A.U.D. constitue la plus grande agglomération entre Genève et Bâle », précise Pierre Vaufrey, le vice-président, en retraçant l’historique d’une structure qui a intégré dans ses membres la com’com du Val de Morteau en 2018.

Depuis décembre 2023, l’A.U.D. s’est engagée dans la réalisation d’un Plan Territorial Intégré de Coopération. Étalée sur une année, cette démarche s’articulait en trois phases : diagnostic-enquête publique, ateliers de concertation et scénarios d’actions pour finir en octobre-novembre 2024 par l’élaboration du plan d’actions 2025-2027. « Ce P.I.C.T. traduit la volonté d’aller sur des projets de proximité qui collent à une réalité de terrain », apprécie Jean-Daniel Jeanneret.

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Six actions prioritaires ont été identifiées dans trois thématiques principales : environnement, loisirs-culture-tourisme, cadre de vie. « Plusieurs projets sont à l’étude ou en cours sur le plan environnemental. Je pense à la labellisation Grand Site national qui vise à promouvoir et protéger les bassins et le Saut du Doubs. On travaille avec les deux parcs naturels régionaux situés de chaque côté de la frontière et qui sont aussi engagés dans la réalisation d’un P.I.C.T. Ce dernier sera plus axé sur la préservation de la nature », détaille Cédric Bôle.

Se donner les moyens d’avoir un cadre de vie commun passe par l’organisation d’événements culturels ou sportifs fédérateurs comme ce fut le cas quand Morteau a accueilli l’étape du Tour de Romandie partie de La Chaux-de-Fonds. Cette thématique inclut aussi le développement des échanges scolaires, d’où l’idée de proposer un pass culturel permettant d’accéder à toute l’offre muséographique de l’A.U.D.

Tout reste à faire et à créer sur le front de la coopération touristique. Les idées ne manquent pas : création d’un agenda transfrontalier, promotion du patrimoine horloger, organisation de balades gourmandes et de randonnées thématiques... Le plan d’actions prévoit une gouvernance renforcée avec un suivi rigoureux des actions et une mobilisation des financements européens locaux, notamment via le programme Interreg France-Suisse.

L’A.U.D. pourrait favoriser la concertation sur des enjeux d’avenir. « On partage des espaces forestiers en continuité entre nos territoires. Qu’adviendrait-il si des incendies touchaient ces zones boisées ? Comment organiser les secours ? On peut aussi se poser la même question sur la ressource en eau. L’A.U.D. a vocation de mettre les gens autour de la table pour aborder ces sujets d’avenir », se projette Cédric Bôle.