Une fois n’est pas coutume, la cité horlogère sera le terminus de cette course née de l’imagination féconde en matière de vélo du regretté Michel Vardanega, figure historique du Vélo Club Morteau Montbenoît, club toujours à la manœuvre avec 250 bénévoles et coureurs mobilisés dans l’organisation de cette course professionnelle programmée le 20 avril.
Le Haut-Doubs, terre de vélo ? Pour Michel Vardanega, ce territoire au relief montagneux méritait largement d’accueillir une belle course cycliste. Il met son projet à exécution en préparant en 1985 une course régionale à étapes. La première édition du Tour du Haut-Doubs a lieu en 1986. Autre constante, elle se termine toujours à Pontarlier. Au départ, le Vélo Club de Morteau Montbenoît coorganisait cette course avec le Vélo Club de Pontarlier avant de reprendre seul le gouvernail même si les cyclistes pontissaliens donnent toujours un coup de main dans les préparatifs et le jour J.
Premier changement en 1989 quand le Haut-Doubs s’efface au profit du Tour du Doubs. « Thierry Gouvenou, l’actuel directeur technique du Tour de France a remporté cette course nationale dans les années quatre-vingt-dix », se souvient Fabien Vardanega, neveu de Michel, vice-président du V.C.M.M. et coresponsable du Tour du Doubs. Nouvelle évolution en 1999 avec un Tour du Doubs transformé en course d’un jour accessible aux pros et aux amateurs. Dans la nomenclature des courses cyclistes, c’est une Classe 2.
La montée en gamme s’est poursuivie jusqu’à la formule actuelle. « On est désormais en Classe 1.1 U.C.I., ouverte uniquement aux coureurs professionnels. Le Tour du Doubs est devenu une des 18 manches de la Coupe de France qui s’étale cette année du 2 février au 11 octobre. Toutes les équipes françaises ont l’obligation d’y participer », complète Fabien Vardanega.

Vingt équipes de 6 coureurs seront au départ de la quarantième édition qui s’élancera donc de Pontarlier. Le parcours de 197 km est tracé, comme d’habitude, par Didier Faivre-Perret, une des gloires du V.C.M.M. Le tracé complet ne devait être révélé que le mercredi 25 mars, histoire de ménager le suspense. Quelques formations étrangères sont attendues, à commencer par l’équipe Visma-Lease où court un certain Jonas Vingegaard même si la présence du vainqueur du Tour 2023 n’est pas à l’ordre du jour.
De grands champions ont disputé l’épreuve à l’instar de Thibaut Pinot qui avait terminé second en 2023. Si le format course d’un jour reste d’actualité, le Tour du Doubs fait partie depuis 2022 d’un triptyque associant le Tour du Jura qui aura lieu le jeudi 18 avril, puis la Classic Grand Besançon le lendemain avant le Tour du Doubs proprement dit le 20 avril. « C’est intéressant d’avoir trois courses qui s’enchaînent. C’est un challenge sportif très attractif dans la perspective des grandes courses à étapes du printemps et de l’été : Tour de Romandie, Tour d’Italie, Tour de France. La plupart des équipes s’alignent sur les trois courses mais pas forcément toujours avec les mêmes coureurs. » Les trois courses font en moyenne entre 185 et 200 km. Elles offrent aussi entre 2 500 et 3 000 mètres de dénivelé. Le Tour du Jura arrive au sommet du Mont Poupet. La Classic Grand Besançon au sommet de la côte de la Malate à Montfaucon.

L’arrivée mortuacienne se fera rue Aristide-Grappe vers les gymnases. « Avec de tels profils, il y a très peu de chances d’avoir des arrivées au sprint. On est typiquement sur des courses de puncheurs. » Le choix de dévoiler le parcours du Tour du Doubs le 25 mars à 18 h 25 n’a rien d’un hasard. Le Conseil départemental est d’ailleurs un partenaire à part entière de cette 40ème édition. Une belle récompense est promise au coureur qui passera en tête au 25ème kilomètre. La symbolique du 25 n’a pas de limite. « Sans dévoiler tous les secrets du parcours, on peut quand même signaler qu’il a été conçu en partenariat avec les services du Département dans le but de valoriser quelques trésors du patrimoine du Doubs. »
Impossible d’évoquer cette course sans présenter la structure organisationnelle qui présente l’originalité de reposer uniquement sur un club. « Avec Jura cyclisme pour le Tour du Jura, on est les seuls clubs français à porter des courses de ce niveau », souligne Fabien Vardanega qui partage la coresponsabilité de l’organisation avec Jean-François Ducrot le président du V.C.M.M. Les deux responsables s’intègrent dans un comité restreint de cinq personnes où l’on retrouve Valérie Perrenoud responsable administrative, Didier Faivre-Perret pour le tracé et Jason Roy, correspondant des équipes. Ce comité restreint s’appuie sur 25 responsables de secteur et la base du triangle repose sur 250 bénévoles et compétiteurs du club. Fédérateur à plus d’un titre.